Séminaire sur la locomotion, la mobilité et l’orientation : L’ANAC outille 40 encadreurs pour l’autonomie des déficients visuels
avril 27, 2026Yaoundé, 25 avril 2026 – Siège de la Fédération camerounaise des sports pour déficients intellectuels.
Une journée pour changer les regards et les pratiques.
Ce vendredi 25 avril 2026, le siège de la Fédération camerounaise des sports pour déficients intellectuels a abrité un séminaire de formation sur la locomotion, la mobilité et l’orientation. Organisée par l’Association Nationale des Aveugles du Cameroun (ANAC), avec l’appui de l’Union Africaine des Aveugles, cette session a réuni une quarantaine de participants venus de plusieurs villes du pays : enseignants spécialisés, guides, étudiants, encadreurs et acteurs associatifs.

Les travaux ont été ouverts et clôturés par le Directeur Exécutif de l’ANAC, M. Léopold Assiene Ndiomo. À ses côtés, plusieurs cadres de l’association ont marqué de leur présence cette journée d’échanges. Cheville ouvrière de l’organisation, M. Etienne Didier Onana, Directeur de la Formation, de la Presse et de l’Édition (DFPE-ANAC), a modéré les travaux avec maestria, donnant rythme et profondeur aux ateliers.
Des facilitateurs chevronnés pour une formation de qualité
Pour assurer la transmission des savoirs, l’ANAC a fait appel à deux facilitateurs de renom. M. Ndi François, fort de quarante ans d’expérience dans la formation et l’encadrement des déficients visuels, a partagé des techniques éprouvées de déplacement autonome et de repérage spatial. Dr Rodrigue Fulbert ZOGNING, Instructeur de locomotion, a conduit les ateliers pratiques, notamment le « parcours canne blanche ». Les deux experts ont été à la hauteur de la tâche et ont pleinement répondu aux attentes d’un public enthousiaste, réceptif et particulièrement participatif.
En amont des travaux pratiques, M. Etienne Didier Onana avait planté le décor en rappelant les fondamentaux de la locomotion. Pour sa part, le Directeur Exécutif Léopold Assiene Ndiomo a justifié le choix des thèmes retenus, avant de présenter de manière sommaire la place et le rôle de l’ANAC au sein de l’Union Mondiale des Aveugles, de l’Union Africaine des Aveugles et de l’Union Francophone des Aveugles.
Les exercices pratiques : le temps fort qui a marqué les esprits
L’une des phases les plus importantes du séminaire a sans doute été la séquence des exercices pratiques. Mis en scène en pleine rue, deux groupes d’enseignants valides et voyants, les yeux bandés par des visières et munis de cannes blanches, devaient se déplacer sur une distance d’environ 50 mètres. L’objectif : ressentir concrètement comment les personnes non-voyantes affrontent les difficultés au quotidien dans l’espace public. Entre hésitations, rires et concentration, l’exercice s’est révélé à la fois très instructif et amusant, déclenchant une prise de conscience immédiate chez les participants.
Moment fort de ces ateliers, M. Martin Luther Amahata Adibita, figure emblématique avec plus de 40 ans d’expérience dans le monde des non-voyants, aveugle lui-même, a réalisé une brillante démonstration de l’utilisation de la canne blanche dans la rue. Avec précision, il a décrypté la signification des gestes, des positions de la canne, les techniques de mobilité et les stratégies d’orientation. Une véritable leçon de vie.




Un impact immédiat et des engagements pour l’avenir
Les participants ont unanimement salué la qualité des contenus et la pertinence de l’approche pratique. Preuve de l’impact concret de cette initiative : une dizaine de cannes blanches ont été remises séance tenante à l’Association Nationale des Aveugles du Cameroun et à quelques déficients visuels non-membres, afin de soutenir leur mobilité au quotidien.
C’est par un buffet copieux, la cérémonie solennelle de remise des attestations de participation et la traditionnelle photo de famille que ce séminaire a pris fin, après plus de cinq heures d’échanges intenses.
En clôturant les travaux, M. Etienne Didier Onana a tenu à rassurer l’assistance : les doléances et suggestions formulées par les participants en vue de toucher un public plus large et de démultiplier ce type de formation seront minutieusement prises en compte dans le plan d’action de l’ANAC. « La canne blanche n’est pas un symbole de dépendance, mais un outil de liberté », a rappelé M. Léopold Assiene Ndiomo.
ENCADRÉ : CHIFFRES CLÉS & RÉACTIONS À CHAUD*
Chiffres clés du séminaire
- Participants : 40 encadreurs venus des régions
- Durée : 5h30 d’échanges théoriques et pratiques
- Distance du parcours test : 50 mètres en aveugle
- Cannes blanches offertes : 10 unités
- Facilitateurs : 3 experts, dont 80 ans d’expérience cumulée
Réactions à chaud
Mme NGO Sana Hermine Venus, enseignante à Dimako dans la région de l’est:
« J’ai enseigné 12 ans aux enfants aveugles, mais c’est la première fois que je ressens leur réalité. Les 50 mètres avec le bandeau m’ont paru faire 1 km. Je comprends mieux pourquoi mes élèves arrivent parfois stressés. Je vais revoir toute ma méthode d’accueil en classe. »
M. Bello Adamou, étudiant en sciences de l’éducation, Ngaoundéré :
« La démonstration de M. Amahata Adibita m’a bluffé. Aveugle, il se déplace plus vite et plus sûrement que moi les yeux bandés. Ça prouve que le handicap est dans le regard des autres, pas dans la canne. Je veux me spécialiser en locomotion. »
Etienne Didier Onana (c) mbolocameroon.com
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