Inclusion électorale : Après Dakar, Yaoundé passe aux actes

Inclusion électorale : Après Dakar, Yaoundé passe aux actes

juin 17, 2026 0 Par MBOLO Team

Le Cameroun fait sa restitution des travaux de la conférence internationale sur la participation politique des personnes handicapées à l’ère numérique. Objectif : transformer les résolutions en actions concrètes avant la prochaine échéance électorale. « Rien pour nous, sans nous ».

CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR L’INCLUSION.

On restitue : Du plaidoyer de Dakar aux engagements de Yaoundé

*Yaoundé, * – Il y a quelques jours, Dakar, capitale du Sénégal, a abrité une conférence internationale sur l’inclusion politique des personnes handicapées. Des participants venus des quatre coins du monde y ont débattu de l’accès au vote et de la digitalisation du processus électoral 2027.

Le Cameroun était représenté par 3 voix fortes :

  1. Evelyne Angonwi, déficiente visuelle, promotrice des bulletins tactiles
  2. Un représentant d’ELECAM – Elections Cameroon
  3. M. Stean Auguste Tsiband, Conseiller Paix et Développement au système des Nations Unies

Yaoundé prend le relais

Pour que les Organisations de Personnes Handicapées – OPH et tous les acteurs de la chaîne de l’inclusion avancent ensemble, le Système des Nations Unies a organisé une rencontre de restitution au siège du PNUD à Yaoundé.

À RETENIR : Le diagnostic est posé.

Les participants camerounais saluent la qualité des travaux de Dakar. La question centrale : comment implémenter l’inclusion au Cameroun? Comment établir une feuille de route réaliste en s’appuyant sur les conclusions sénégalaises?

Les blocages identifiés sont nombreux :

  1. Accès au vote : Coût élevé de la participation, conditions d’accès aux bureaux, manque de liberté et de discrétion, dimensions des urnes inadaptées aux personnes de petite taille.
  2. Outils électoraux : Disponibilité des bulletins tactiles pour les déficients visuels non-braillistes, caractères d’écriture adaptés pour albinos, malvoyants et myopes, traduction systématique en langue des signes pour sourds et muets.
  3. Représentation : Absence des personnes handicapées aux postes clés : observateurs, scrutateurs, membres de bureaux de vote, conseils municipaux, régionaux, partis politiques.
  4. Données & Fichier : Fichier électoral à réviser, base de données statistiques à actualiser, typologie et cartographie de chaque type de handicap à réaliser : moteur, visuel, auditif, intellectuel, IMC, albinisme, personnes de petite taille, handicapés blanchis de la lèpre, personnes âgées, amputés.
  5. Communication : Analphabétisme de certains déficients visuels, insuffisance de médias spécialisés, besoin de branding positif sur le handicap et les atouts des candidats handicapés.

POUR UNE VÉRITABLE INCLUSION : La feuille de route.

Les résolutions de Yaoundé ce lundi 15 juin sont claires et volontaristes :

  1. Sensibiliser et former : Tous les maillons du processus électoral, y compris des agents d’ELECAM vivant avec un handicap.
  2. Moderniser : Mettre en place des mécanismes de vote électronique pour réduire les problèmes d’accessibilité et de déplacement.
  3. Légiférer : Plaidoyer auprès du Parlement pour des lois souples avec quotas garantis pour les personnes handicapées. Passer du statut d’électeur à celui d’élu. Appuyer les candidatures.
  4. Communiquer : Donner des moyens aux médias et journalistes handicapés. Traduire tous les messages des candidats en langue des signes. Briser les préjugés.

VERS L’ACTION

La réunion a débouché sur la mise sur pied d’un groupe de travail. Des évaluations régulières sont prévues. L’objectif est clair : que ce ne soit pas “une réunion de trop”, mais des résolutions appliquées. Car comme l’ont martelé les participants : “C’est aujourd’hui ou jamais”.

Les initiateurs de la rencontre, les leaders d’OPH et les personnes ressources comme Mme Patience Elango ont enrichi les débats. Le Système des Nations Unies a clôturé les travaux sur une note d’espoir, promettant d’autres rencontres.

Texte : Étienne Didier ONANA. didieronana3@gmail.com