FOOTBALL – ÉLITE ONE : Scène surréaliste à Bafang, mais match nul

FOOTBALL – ÉLITE ONE : Scène surréaliste à Bafang, mais match nul

mai 11, 2026 0 Par MBOLO Team

Les joueurs du Canon portés sur le dos… pour un 0-0 contre Unisport
Bafang, samedi 2 mai 2026 – 18e journée

Du jamais vu en Élite One. Le stade Gaston Ngandjui de Nguenack a été le théâtre d’une scène qui fait déjà le tour des réseaux : les joueurs du Canon de Yaoundé sont entrés sur l’aire de jeu… portés sur le dos par leurs encadreurs et dirigeants.

Les faits….

Samedi, pour le choc de la 18e journée entre Unisport du Haut-Nkam et Canon de Yaoundé, les « Mekok Me Ngonda » ont brisé tous les codes d’avant-match. Pas de haie d’honneur, pas d’entrée classique. Chaque joueur est arrivé sur la pelouse juché sur le dos d’un membre du staff, sous les yeux médusés du public de Bafang.

Aucune explication officielle n’a été donnée par le club de Nkolndongo.

Conjurer le sort d’Unisport ?

Selon des sources officieuses présentes au stade, ce rituel visait à « conjurer le sort ». Unisport est intouchable à domicile : 9 matches sans défaite, 14 buts marqués contre 0 encaissé sur les deux dernières réceptions. L’équipe du Haut-Nkam, leader du championnat, creuse l’écart et reste la seule formation à jouer systématiquement en nocturne lorsqu’elle reçoit.

Face à cette machine, le Canon aurait donc choisi une parade mystique. Croyance ? Fétichisme ? Stratégie psychologique pour déstabiliser l’adversaire et son public ?

Résultat : la panacée a-t-elle marché ?

Score final : Unisport 0-0 Canon de Yaoundé.

Pour la première fois depuis 11 matches, Unisport n’a pas marqué à domicile. Le Canon repart de Bafang avec un point précieux et met fin à la série offensive du leader. Les fantassins de Nkolndongo ont-ils trouvé la parade ? Le débat est ouvert.

Sur le plan comptable, Unisport reste leader mais voit sa dynamique freinée. Côté tribunes, le coup a réussi : 7 millions FCFA de recette enregistrés, un record cette saison à Bafang.

Sport et croyances : où est la limite ?

Le football camerounais n’est pas étranger aux pratiques mystiques : sel jeté sur la pelouse, maillots retournés, refus de passer par la grande porte… Mais voir une équipe entière refuser de poser le pied au sol avant le coup d’envoi, c’est inédit en Élite One.

Est-ce normal ? Le règlement de la FECAFOOT ne l’interdit pas explicitement. Mais l’image interroge : entre tradition, pression du résultat et fétichisme, où s’arrête le sport ?

Sport et croyances, un dossier à ouvrir. Les stades camerounais sont aussi des temples où le ballon rond cohabite avec l’invisible. Et hier à Bafang, l’invisible a tenu le leader en échec.

Etienne Didier ONANA. www.mbolocameroon.com