Tir : Assemblée générale extraordinaire fédérale – Éthique et gouvernance sportive
mai 25, 2026Le siège de la Fédération camerounaise de tir, situé en face de l’École normale supérieure de Yaoundé, a abrité le 22 mai 2026 les assises sur le thème « Éthique et gouvernance sportive ». Une minute de silence a ensuite été observée pour rendre hommage au président du Comité national olympique, décédé le 03 mai dernier.
Les représentants du ministère des Sports et de l’Éducation physique, par l’entremise de la Direction des sports de haut niveau et de la Direction des normes et du suivi des organisations sportives, le secrétaire général du Comité national olympique, les membres du Bureau exécutif et d’autres acteurs de la discipline y ont pris part.
Au-delà des assises sur le thème susmentionné, il fallait aussi lever le voile sur les dissensions qui opposent le président et son premier vice-président, suite à un rapport sur la participation de l’équipe nationale à une compétition tenue au Caire il y a environ huit mois.
Nous avons retenu les enseignements de l’exposé du secrétaire général du CNOSC sur l’impact des valeurs olympiques dans la gouvernance du sport. Il en ressort que la gouvernance définit la manière dont fonctionne l’association. Les valeurs de l’olympisme – excellence, amitié et respect – doivent prévaloir pour assurer une gouvernance saine entre les membres.
Malgré ces enseignements, le torchon brûle toujours entre le président et son vice-président. Sur ce point, les représentants traditionnels présents ont ajourné le problème et reviendront pour apaiser les esprits des parties en conflit. C’est dans une ambiance conviviale, conclue par une photo de famille, que les travaux ont pris fin.
Au terme de cette journée riche en enseignements, le président de la fédération et l’un de ses vice-présidents sont revenus, à notre micro, sur les points forts à retenir, tout en soulignant le nœud du problème qui divise l’exécutif. La projection des activités de la saison a également été évoquée.
Colonel Ayissi, président de la Fédération Camerounaise de Tir

Objectif de ces assises
« Les objectifs immédiats sont d’ordre pédagogique : comprendre et assimiler les concepts qui doivent nous orienter et nous guider, qu’il s’agisse des officiels ou des athlètes, en vue d’atteindre les objectifs de performance au sein de l’association. C’est pourquoi j’ai sollicité l’expertise de la Direction des sports de haut niveau, de la Direction des normes et du suivi des organisations sportives, ainsi que du Comité national olympique, venus exposer les valeurs qui doivent nous accompagner dans la gouvernance sportive. »
Que retenir ?
« Nous retenons que si nous étions mal informés des enjeux de la gouvernance, les intervenants ont fait un exposé qui touche toutes les composantes de l’association : dirigeants, athlètes, spectateurs. Je crois que nous devrions tous regarder dans la même direction. Mais il existe un problème d’ego au sein de la fédération, et je ne sais pas comment il pourra se résoudre. »
Problème de financement et de primes
« Les problèmes de primes sont à l’origine de ce désordre. Vous avez vu comment le premier vice-président a réagi lorsqu’il a été interpellé sur ce sujet. Je reste calme, mais depuis trois ans, le ministère a clairement défini l’articulation des primes : primes de podium, de participation et primes olympiques. Toutes ont été régulièrement versées à la fédération. Il demeure que certaines demandes ne sont pas fondées. »
Concrètement, quelles primes n’ont pas été payées ?
« Toutes les compétitions ont été financées, toutes les primes ont été payées. Lorsque le ministère octroie une compétition, toutes les rubriques y figurent. Il s’agit peut-être de malhonnêteté de certains, qui cherchent à ternir l’image du président de la fédération.
La compétition de Côte d’Ivoire n’a pas été sollicitée de manière irrégulière. C’est un faux débat. Nous avons déposé la demande en septembre, et la décision d’octroi est sortie en mars. Dire que World Archery a imposé la compétition alors que la deadline d’inscription était le 26 est sans fondement. C’est un complot qui n’a pas lieu d’être au sein de la famille, d’autant que le ministère soutient toutes les disciplines.
Le tir à l’arc a bénéficié de deux compétitions en 2024 et 2025. En 2025, le tir sportif n’a eu qu’une seule compétition, et il a été décidé d’équilibrer en lui en attribuant une autre en 2026. Voilà l’objet du débat. »
Qu’en est-il du problème de matériel ?
« Le problème de matériel se pose moins que celui des infrastructures. La Fédération internationale nous soutient et nous a fourni du matériel, mais nous ne pouvons pas l’installer et l’utiliser efficacement. Voilà le vrai problème. »
Rencontre avec l’ONIES pour les infrastructures ?
« L’ONIES a déjà été sollicitée pour voir quel espace nous pourrions utiliser pour installer un stand. Mais le site actuel de la fédération est suffisant pour y bâtir un stand. Cela fait six ans que j’ai payé les agrégats visibles sur place dans cette perspective. Malheureusement, les moyens ne suivent pas pour concrétiser le projet. »
Qu’est-ce qui vous divise, vous et votre vice-président ?
« C’est un problème d’ego. J’ai été maladroit en le choisissant comme premier vice-président. C’est une question d’argent. Voyez-vous : il est PCA des Armureries Belibi, PCA d’églises évangéliques, PCA, PCA, 1er vice-président, directeur national, entraîneur national. Cela ne suffit pas. Il cherche à capter les miettes allouées à la fédération. C’est un problème d’ego, d’ambition démesurée. »
Le linge sale se lave en famille
« J’ai fait profil bas lorsque le directeur des normes nous a recommandé la réconciliation. Je suis allé chez lui et il m’a fait attendre quatre heures sur sa véranda. Je suis pourtant colonel, mais je suis passé outre. Il a envie de tuer le tir sportif, mais je ne participerai pas à cette manœuvre. Je me bats pour que le tir sportif rayonne. »
Quelles résolutions retenir ?
« Les travaux se sont terminés en queue de poisson. Il devait y avoir des résolutions, mais elles ont été reportées. Ceux qui ont arrêté le processus reviendront.
Il s’agissait d’une demande d’explication dans le cadre du fonctionnement normal de l’administration. Ils sont partis en compétition au Caire il y a huit mois, et je n’ai toujours pas reçu de compte rendu. J’ai donc dû utiliser d’autres moyens pour l’obtenir, d’autant que des propos graves y ont été tenus.
Comment un haut responsable peut-il, à l’étranger, déclarer que le ministre des Sports ne s’occupe que du football, ou que le président de la République choisit mal ses ministres qui ne feraient que piller les caisses de l’État ? Je ne peux pas laisser passer cela. Je voulais que l’intéressé s’explique. C’est le représentant du ministère qui m’a rapporté ces faits en présence du point focal.
Le torchon brûle dans la maison, et je ne voulais pas en arriver là. Mais je connais la puissance des ondes. Advienne que pourra.
La fédération ne doit pas mourir. Un des vice-présidents, le commissaire principal, est témoin des efforts que je fais. En tant que responsable de la sécurité, il doit nous accompagner pour maintenir la fédération debout. »
Et les activités de la saison ?
« Nos activités ont démarré en février. La deuxième journée du championnat pourra se jouer. Nous préparons aussi la compétition à laquelle nous avons été invités : la Coupe du monde à Doha, au Qatar, en novembre. C’est un honneur, et nous devons défendre la présence du Cameroun parmi les grandes nations.
C’est une lourde responsabilité. Au lieu d’aller en rang serré, certains veulent que le tir à l’arc brille au détriment du tir sportif. Je ne tolérerai pas cela. Que ceux qui veulent la mort du tir sportif reviennent à de meilleurs sentiments pour que nous avancions ensemble. »
Yombot Joseph Marie, commissaire principal, 2ᵉ vice-président chargé de l’éthique et de la sécurité

« Nous sommes fiers : malgré ce qui était prévu, la réunion s’est déroulée dans le calme. L’unité et l’amitié ont prévalu. Comme l’ont dit les patriarches, Sa Majesté, nous allons nous asseoir : le linge sale se lave en famille. Les ardeurs se sont calmées, et nous remettons cela à Dieu.
En réalité, ce qui divise, c’est l’ego. Certains pensent pouvoir faire plus que les autres. J’invite chacun à attendre l’échéance du renouvellement des bureaux. Ne soulevons pas toute la machine au risque de tuer la fédération, au détriment des jeunes. La fédération n’est pas à nous : elle appartient à la jeunesse. Il faut leur laisser de bonnes bases à parachever.
Désormais, l’éthique et la déontologie doivent prévaloir. Au sortir de cette réunion, nous pensons que des sanctions seront prises. Il y a eu trop de dérapages. La récréation est terminée.
Nous espérons que cette fin de récréation ouvrira la voie à un esprit d’équité pour les compétitions internationales. Le Cameroun doit passer avant tout. »
F.E. (c) mbolocameroon.com
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