ATHLÉTISME : RENCONTRE AVEC LA CAPITAINE DU CHRONOMÈTRE ÉLECTRIQUE Clémence Metasse, experte en chronométrie électrique au Cameroun

ATHLÉTISME : RENCONTRE AVEC LA CAPITAINE DU CHRONOMÈTRE ÉLECTRIQUE Clémence Metasse, experte en chronométrie électrique au Cameroun

juillet 10, 2026 0 Par MBOLO Team

Dans l’athlétisme, on retient le nom des champions. Mais derrière chaque record, chaque centième de seconde, il y a un technicien. Pour cette première édition de Visages de l’Ombre, nous recevons Clémence Metasse, la référence camerounaise en chronométrie électrique.

C’est quoi la chronométrie électrique ?

« La chronométrie électrique est un système électronique de prise de performance. Elle permet à un athlète de prendre le départ au coup de feu du pistolet ou du claquoir. La différence, c’est qu’il franchit lui-même la ligne d’arrivée et sa performance est prise à partir de la photo-finish », explique-t-elle.

L’évolution de la technologie.

« La technologie évolue. Aujourd’hui, chaque pays, chaque fédération a la possibilité de s’offrir un chrono électrique, comme c’est le cas du Cameroun. Et on évolue avec les performances. La World Athletics peut désormais homologuer des records sur des courses de vitesse, à condition d’avoir une vitesse du vent appropriée. »

Chrono manuel vs Chrono électrique : la grande différence.

« Le chrono manuel se prend au dixième de seconde. Le chrono électrique se prend au centième. Il devient même possible de départager deux athlètes arrivés au même moment grâce à la photo-finish. Et si la performance est identique, on peut descendre jusqu’au millième. »

Le matériel et la formation au Cameroun.

« Le chronométrage électrique existe au Cameroun depuis les Jeux Africains de 1996. Nous avions un système Macintosh. Après une panne, nous avons changé de marque. Depuis 2018, nous travaillons avec Lynx, un système américain.

Ce matériel coûte extrêmement cher : près de 50 millions FCFA. Et ce n’est pas tout, il faut équiper tous les ateliers. La formation coûte aussi très cher. Heureusement, grâce à la Fédération, j’ai eu la chance d’avoir une double formation, américaine et camerounaise. Mais il faut toujours se recycler. »

Et en cas de panne ? « Nous avons des électroniciens et des experts qui essaient de remédier au problème pour que nous puissions continuer à travailler. »

Bilan de la saison et rayonnement international.

« Pour la saison qui s’achève, je retiens beaucoup de succès. Les athlètes ont réalisé de belles performances. Un nouveau record a même été battu au 10 000m dames le 04 juillet 2026. Les entraîneurs font un travail remarquable, on le voit à travers les chronos. »

Madame Metasse est aussi sollicitée hors des frontières. « L’année passée, j’étais à N’Djamena avec mon technicien. Nous avons officié au championnat d’Afrique régional de la sous-région. Tous les résultats ont été validés et homologués par la World Athletics. C’était une belle expérience. »

Clémence Metasse incarne la rigueur et la précision. Sans elle et son équipe, pas de record homologué, pas de justice dans l’arrivée. Elle est la garante du temps, ce juge silencieux mais incontournable de l’athlétisme.

Propos recueillis par Etienne Didier ONANA
_didieronana3@gmail.com