PARASPORT : AFFAIRE BILLETTEUR ET FECASDI, LE PRÉSIDENT JEAN MARIE ALEOKOL BRISE LE SILENCE

PARASPORT : AFFAIRE BILLETTEUR ET FECASDI, LE PRÉSIDENT JEAN MARIE ALEOKOL BRISE LE SILENCE

juillet 21, 2026 0 Par MBOLO Team

Entretien sans détour sur la non-audience au MINSEP, le rôle des « billetteurs » et l’injustice des primes après l’expédition de Tunis.

Par N.V (c)

Au lendemain de la réception commune des fédérations au Ministère des Sports et de l’Éducation Physique, le Président de la Fédération Camerounaise des Sports pour Déficients Intellectuels (FECASDI), Jean Marie ALEOKOL, a accepté de se confier.
Entre dénonciation, plaidoyer et appel à l’équité, il dit tout sur les maux qui freinent le développement du parasport.

LA NON-AUDIENCE AU MINSEP : « J’ATTENDS TOUJOURS QU’ON M’APPELE »

Le patron de la FECASDI revient d’abord sur l’audience qui ne lui a pas été accordée après la réception officielle à la salle des conférences du MINSEP.

« Je n’ai pas demandé l’audience tout simplement parce que j’estimais que ce que je disais était vrai. Un adulte comme moi ne peut pas se lever un matin et dire quelque chose qui n’est pas vrai. Et c’était devant qui ? Le Ministre lui-même. »

Pour lui, il s’agissait d’alerter sur un problème récurrent : le rôle des « billetteurs » lors des compétitions internationales.

« Lorsqu’une fédération va en compétition on lui associe quelqu’un qui joue le rôle de porteur d’argent. C’est lui qui va venir justifier. Malheureusement ceux-là, au lieu de se limiter à leur rôle, préfèrent souvent prendre les devants. »

Il dénonce des blocages, des dettes laissées aux présidents de fédération et surtout l’utilisation du nom du Ministre pour justifier certaines pratiques :

« Ce qui nous gêne c’est qu’on met le nom du ministre dans cette histoire en disant que nous devons garder quelque chose pour le patron. »
« J’ai dénoncé pour que, en tant que patron de la maison, il puisse appeler les présidents et demander : ‘ce que j’entends là, c’est quoi ?' »

Conclusion du président : pas de rancune contre le Ministre, mais une volonté de nettoyer l’image du sport.

« Je n’ai rien contre le Ministre, j’aime tellement le sport. J’ai simplement dénoncé quelque chose qui se fait au détriment du développement du mouvement sportif camerounais. »

PRIMES DE TUNIS : « LA FECASDI A SES RÉALITÉS »

Second point sensible : la répartition des primes après les performances des athlètes de la FECASDI à Tunis.

Jean Marie ALEOKOL pose le problème de l’équité :

« La prime des athlètes de la FECASDI n’a jamais été la même chose que les autres. Vous ne pouvez pas nous comparer au football, au basketball ou encore au handball. La FECASDI a ses réalités. »

Il donne des chiffres pour illustrer :

« La prime de podium de celui qui a eu la médaille d’or, c’est de 500 000 FCFA. Celle du bronze, 150 000 FCFA. »

Et il rappelle l’enjeu humain derrière :

« Ça signifie quoi pour ceux qui sortent des familles précaires et ont une déficience intellectuelle ? Ils ne peuvent pas un jour travailler comme vous et moi dans un bureau. Pourtant c’est le vert-rouge-jaune qui est représenté. »

Ému, il évoque la fierté de voir ses athlètes porter le drapeau :

« Ce jour, lorsque l’enfant allait prendre sa médaille nous tous on avait la chair de poule parce que c’était le seul parmi les trois qui arborait le drapeau du Cameroun sur ses épaules. »

UN APPEL À LA RESPONSABILITÉ : « BALAYONS DEVANT NOS COURS »

Le président termine sur une note pédagogique et patriotique. Pour lui, le combat continue.

« Notre situation au niveau de la FECASDI est vraiment à revoir. Et même d’ailleurs dans tous les sports pour personnes en situation de handicap. Nous n’allons pas arrêter d’en parler. »

En tant qu’enseignant, il livre sa méthode :

« Avant de poser un acte, posez-vous trois questions : Est-ce que ça honore ma Nation ? Est-ce que ça honore ma famille ? Est-ce que ça m’honore en tant que citoyen camerounais ? »

« Si chacun balaie devant sa cour, finalement c’est tout le village qui sera propre. »

En résumé : La FECASDI réclame plus d’écoute, plus de transparence sur la gestion des fonds, et surtout plus d’équité pour ses athlètes médaillés.
Le message est clair : servir la Nation, rien que la Nation.

Source : Entretien exclusif avec Jean Marie ALEOKOL, Président FECASDI